Jazz sous les pommiers : Mike was here !
Voilà, c’est finit, la 27 ème édition de notre festival de Jazz Normand s’est achevée dans la nuit du 3 au 4 mai, avec le concert de Mike Stern à la salle Marcel Hélie.
Le concert débutant à 22h30, nous avons donc eut le temps de nous promener une dernière fois au milieu de la foule, parcourant les univers musicaux des groupes de rue, du Blues au Manouche, du Swing au Be-bop, nimbés ça et là par les effluves des saucisses/frites, carburants indispensables à tout festivalier ! Bref que du bonheur, et déambuler au milieu de ce brassage générationnel, poussé ici à son paroxysme, semble nous indiqué que le Jazz, soit disant musique élitiste, est une des rares à produire cela…mais je m’égare, revenons à notre concert…
Bien que le concert ne fut pas complet avant l’ouverture des portes, Mike et ses amis n’eurent pas de mal à faire le plein…et commencèrent à l’heure ! Respects…
Sur une scène relativement dépouillée, dont les seuls ornements furent les lumières, Mike Stern, posé devant ces deux amplis Fender, et sa Yamaha modèle signature en main était rejoint par Dave Weckl (batterie), Tom Kennedy (Basse) et Bob Franceschini (Sax baryton).
Le concert a démarré par le 1er extrait du dernier album ‘Who let the cats out ?’ (2006) : Tumble Home, dans une version de plus de 20 minutes où chacun des musiciens a eut droit à son improvisation, plongeant immédiatement le public dans l’univers singulier de Mike, fiche d’identité sonore qui différencie ceux qui jouent de la musique de ceux qui la font !
S’en suivent d’autres morceaux issus du même album, avec des moments splendides et émouvants (KT entre autres…). Le final explose dans un rappel version ‘Jean-Pierre’, morceau qui propulsa Mike au rang des guitars heros, alors qu’il n’avait que 28 ans (We want Miles, Miles Davis 1981). Résultat garanti, standing ovation !
Et la musique dans tout ça ? A posteriori, le concert a semblé court, ce qui veut déjà dire que nous ne nous sommes pas ennuyé, le public a très bien réagi, même si quelques impolis se sont permis, comme toujours, de quitter le concert avant la fin. J’ai particulièrement apprécié la patte Stern, le son et l’univers si particulier du monsieur ; tellement particulier d’ailleurs qu’aujourd’hui plus personne n’ose jouer avec autant de chorus sous peine d’être traité de copieur ! Dave Weckl fut comme à l’accoutumé, magistral ! Certainement le meilleur technicien de la soirée (nombre de batteurs ont dû pleurer en rentrant chez eux !). Tom Kennedy, à rempli son rôle avec une mention spéciale sur les morceaux lents (KT), ou son lyrisme s’est exprimé avec brio… Seul Bob Franceschini a semblé un peu loin du troupeau, mais il est vrai qu’il n’est pas facile de supporter la comparaison avec Michael Brecker (ex acolyte de Stern).
Dans l’ensemble le concert était bon, le mélange de rage extrême des chorus de Mike et des mélodies envoûtantes (il a même réussi à nous passer le thème de Saint Thomas, avec son sourire omniprésent !), nous ont démontrer une fois de plus que le jazz n’est pas une musique, mais un état d’esprit ou la liberté et le respect des idées, l’écoute de l’autre, guident les doigts des musiciens. On pourra simplement regretter que la formule choisie pour la tournée (Quatuor), prive Mike des morceaux plus orchestrés de son dernier album…
En tous cas, c’est un concert dont on pourra dire avec fierté : J’y étais !
Cet article a été publié le Lundi 5 mai 2008 à 12:29 et est classé dans Manche, NORMANDIE. Vous pouvez en suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un trackback depuis votre propre site.
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