// Article posté le Mardi 20 mai 2008

Bicentenaire de la naissance de Barbey D’aurévilly

L’année 2008, qui marque le bicentenaire de la naissance de l’écrivain manchois Jules Amédée Barbey d’Aurevilly le 2 novembre 1808, offre l’occasion de (re)découvrir une figure littéraire du XIXe siècle souvent méconnue. Les nombreuses manifestations organisées tout au long de l’année 2008 et 2009, s’attachent à mettre en lumière les multiples facettes d’un homme complexe. Barbey, qui avait grandi à Saint-Sauveur-le-Vicomte et à Valognes avant de s’installer à Paris, se définissait comme un « enfant du pays exilé ».

Né dans la Manche à Saint-Sauveur-le-Vicomte, au sein d’une ancienne famille de la petite noblesse normande, Jules Barbey d’Aurevilly baigne dès son plus jeune âge dans les idées catholiques et monarchistes, en butte au progrès. Il passe son enfance à Saint-Sauveur puis à Valognes, où il fréquente un de ses oncles médecin aux idées libérales et qui exerce sur lui une profonde influence. En 1827, il se rend à Paris pour faire ses humanités et rencontre Maurice de Guérin, dont il devient un ami proche. Bachelier, il poursuit des études de droit à Caen, où il fonde avec Trébutien, son futur éditeur et correspondant, l’éphémère Revue de Caen …

Voici les temps forts des animations consacrées à l’écrivain normand pendant l’été ainsi qu’un aperçu de sa vie, de ses racines normandes ainsi que de son œuvre.

  • Du 1er mai au 21 septembre

« Dandysmes 1808-2008 : de Barbey d’Aurevilly à hristian Dior » à Granville au Musée Christian Dior. A l’occasion du bicentenaire de la naissance de Jules Barbey d’Aurevilly (1808-1889), qui donna dès 1845 sa première définition au dandysme dans son ouvrage « Du dandysme et de Georges Brummel », le musée Christian Dior propose l’exposition “Dandysmes 1808-2008, de Barbey d’Aurevilly à Christian Dior».Le parti pris de cette exposition liant littérature, art et mode, est de montrer une interprétation originale de l’apport de l’attitude «dandy»- courant de mode et de société venant de l’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle- associant un raffinement vestimentaire à un esprit décalé et impertinent dans l’univers de la mode

Horaires : tous les jours de 10h à 18h30
Renseignements au 02.33.61.48.21

  • Du vendredi 16 mai au dimanche 21 septembre 2008

A l’abbaye d’HAMBYE, exposition La Manche ensorcelée. Un photographe sur les traces de Barbey d’Aurevilly. Exposition des photographies de Guillaume Jouet.

Horaires d’ouverture : de 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 18h00 (fermé le mardi sauf en juillet et août)
Tarifs et renseignements : 02 33 61 76 92

  • Du samedi 21 juin au dimanche 30 novembre 2008

Au musée Barbey d’Aurevilly à SAINT-SAUVEUR-LE-VICOMTE, exposition Barbey d’Aurevilly contre son temps, un écrivain dans la tourmente du XIX ème siècle.

Horaires d’ ouverture : de 11h00 à 18h00 tous les jours sauf le mardi
Entrée payante
Tarifs et renseignements : 02 33 41 65 18

  • Du 2 juillet au 30 août

Exposition « Sur les pas de Barbey d’Aurevilly » à la Bibliothèque municipale de Valognes ( Manche )

  • Le samedi 9 Août

A la tombée de la nuit A l’abbaye d’HAMBYE, projection en plein air du film Le Rideau Cramoisi d’Alexandre Astruc. Première partie l lecture-spectacle musical Passion à l’ oeuvre
à 21h00.

Entrée gratuite, sans réservation.
Renseignements : 02 33 05 95 88

  • Du 2 au 27 septembre

Exposition sur « Les illustrateurs de Barbey dans les Diaboliques » à la Bibliothèque municipale de Cherbourg-Octeville.

Entrée libre

  • Du 20 sept. au 31 octobre

Exposition « Tel qu’au temps de Barbey d’Aurevilly, Saint-Sauveur-le-Vicomte à travers les cartes postales anciennes » à la Médiathèque de Saint-Sauveur-le-Vicomte, proposée dans le cadre des Journées du patrimoine.

Entrée libre

  • Soirées lecture avec Anouk Aimée
    Vendredi 30 mai Hôtel-Dieu à Valognes (Renseignements au 02.33.21.62.70)
    Vendredi 20 juin Cinéma Le Normandy à Saint-Sauveur-le-Vicomte (02.33.21.50.44)
    Vendredi 18 juillet Eglise de Barneville-Carteret (Rens. au 02.33.04.93.24)
    Jeudi 31 juillet Cinéma Le Normandy à Saint-Sauveur-Le-Vicomte (Renseignements au 02.33.21.50.44)
    Vendredi 1er août Hôtel-Dieu à Valognes (Rens. au 02.33.21.62.70)
    Vendredi 29 août Centre culturel à Brécey (Rens. au 02.33.48.09.11)
    Vendredi 19 septembre Théâtre à Cherbourg-Octeville (Rens. au 02.33.88.55.55)
    Vendredi 10 octobre Centre culturel d’Avranches -« Lire en Fête » (Rens. au 02.33.68.33.27)

Téléchargez le programme complet des manifestations (format pdf)


Barbey d’Aurévilly, ses racines normandes

Maison familiale à Saint-Sauveur-le-Vicomte

Jules-Amédée Barbey naît le 2 novembre 1808, le jour des Morts, à Saint-Sauveur-le-Vicomte, commune française située dans le département de la Manche et la région Basse-Normandie. Jules est l’aîné de trois enfants : Léon (né en 1809), Edouard (né en 1810), Ernest (né en 1811). Son père Théophile Barbey appartient à une famille dont la présence à Saint-Sauveur est attestée dès la fin du XIVe siècle. La famille Barbey accède à la noblesse en 1756, lorsque Vincent Barbey, avocat au bailliage de Valognes, acquiert une charge. Sa mère Ernestine Ango, issue d’une famille de bonne bourgeoisie installée à Caen au XVIe siècle est la fille du dernier bailli de Saint-Sauveur.

L’enfance de Barbey se déroule entre Saint-Sauveur, Valognes et le bord de mer à Carteret, dans une atmosphère conservatrice et ultra : la Révolution a durement touché les deux familles. Les Barbey vivent dans l’attente du retour à la monarchie, au milieu des souvenirs et des vieilles coutumes normandes. Jules grandit entre une mère peu aimante et un père austère. Il est attentif aux récits de coin du feu de sa vieille bonne Jeanne Roussel et de Louise Lucas-Lablaierie, sa grand-mère : les exploits plus ou moins mythiques de son oncle le chevalier de Montressel, qui se serait illustré lors des guerres de la chouannerie, impressionnent l’enfant.

Sa vie, son oeuvre

Né dans la Manche à Saint-Sauveur-le-Vicomte, au sein d’une ancienne famille de la petite noblesse normande, Jules Barbey d’Aurevilly baigne dès son plus jeune âge dans les idées catholiques et monarchistes, en butte au progrès. Il passe son enfance à Saint-Sauveur puis à Valognes, où il fréquente un de ses oncles médecin aux idées libérales et qui exerce sur lui une profonde influence. En 1827, il se rend à Paris pour faire ses humanités et rencontre Maurice de Guérin, dont il devient un ami proche. Bachelier, il poursuit des études de droit à Caen, où il fonde avec Trébutien (son futur éditeur et correspondant) l’éphémère Revue de Caen (1832).

Un moment républicain et démocrate, Barbey, sous l’influence de Joseph de Maistre, finit par adhérer à un monarchisme intransigeant, méprisant le progrès et les valeurs d’un siècle bourgeois. Tout en menant une vie élégante et désordonnée de dandy, dont il se fait, par ailleurs, le théoricien (Du dandysme et de George Brummell, 1845), il se convertit au catholicisme vers 1846 et devient un défenseur acharné de l’ultramontanisme et de l’absolutisme.

Son premier roman L’Amour impossible (1841) passe inaperçu. Son travail de critique littéraire le conduit à collaborer successivement au Globe, au Journal des Débats, au Constitutionnel, au Nain jaune, à la Revue de Paris. Ses articles seront regroupés en volumes dans Les Œuvres et les Hommes. C’est un polémiste redouté, qui s’attaque autant aux hérauts du positivisme qu’aux hypocrisies du parti catholique.

Ses romans et son recueil de nouvelles Les Diaboliques (1874) ont pour toile de fond son Cotentin d’origine. Ils mêlent réalisme historique, surnaturalisme et exaltation romantique. Son œuvre dépeint les ravages de la passion charnelle (Une vieille maîtresse, 1851), filiale (Un prêtre marié, 1865 ; Une histoire sans nom, 1882), politique (Le Chevalier des Touches, 1864) ou mystique (L’Ensorcelée, 1855). Cette littérature de l’insolite et de la transgression, qui plonge le lecteur dans un univers surhumain, a valu à sont auteur d’être accusé d’immoralisme et de sadisme. Toutefois, plusieurs écrivains (dont Baudelaire) ont loué le talent extravagant de cet auteur, notamment à la fin de sa vie. Ses « disciples » ont pour nom Léon Bloy, Joris-Karl Huysmans, Octave Mirbeau ou Paul Bourget. Sa vision du catholicisme exercera une profonde influence sur l’œuvre de Bernanos[1].

Documentation :

Documentation BERTHIER, Philippe. « Barbey d’Aurevilly et les malentendus du réalisme », Les Lettres romanes, n°37(4) (1983), pp. 287-305.

BERTHIER, Philippe. « Le manuscrit des Diaboliques », La Revue des lettres modernes, n° 726-730 (1985), pp. 171-179.

BERTHIER, Philippe. « Barbey d’Aurevilly lecteur de la Révolution », Revue d’Histoire Litteraire de la France, Vineuil, France (RHL), 1990 July Oct, n°90 (4-5), pp. 779-795.

BLOY, Léon. Fragments inédits sur Barbey d’Aurevilly. La Rochelle, Éd. des Cahiers Léon Bloy, 1927, 36 p.

FUMET, Stanislas. « Un Catholique Grimé: Barbey d’Aurevilly », La Table Ronde, 1965, n°215, pp. 31-45.

GUYON, André. « Barbey d’Aurevilly et le genre policier: Les Leçons d’un précurseur oublié », Travaux de Litterature, 1991 , n°4, pp. 217-230.

HIRSCHI, Andrée. «1874: Le “procès” des Diaboliques », La Revue des lettres modernes, n°403 408, pp. 6-64.

HOFER, Hermann. « Bernanos aurevillien, Barbey bernanosien », La Revue des lettres modernes, n° 260-263 (1971), pp. 61-117.

HOFER, Hermann. « Barbey d’Aurevilly et Hector Berlioz », La Revue des lettres modernes, n° 285-289 (1972), pp. 73-100.

JAMIESON, T. John. « Conservatism’s Metaphysical Vision: Barbey d’Aurevilly on Joseph de Maistre », Modern Age: A Quarterly Review, 1985 Winter , n° 29:1, pp. 28-38.
JOLLIN, Sophie. « La Phrase diabolique de Barbey d’Aurevilly », Francais Moderne: Revue de Linguistique Francaise, 1998., n°66:1, pp. 57-72.

KYLOUSEK, Petr. “La réception du dandysme en France et la tradition courtoise – le cas de Barbey d’Aurevilly”, Études romanes de Brno (volume XXIX, Masarykova univerzita, Brno, 1999) - format PDF

PETIT, Jacques, « Barbey d’Aurevilly et les catholiques du XIXe siecle », La Table Ronde, 1964, n°200, pp. 7-18.

PETIT, Jacques. « Baudelaire et Barbey d’Aurevilly », Revue d’histoire littéraire de la France, n° 67 (1967), pp. 286-295.

PETIT, Jacques. « Barbey et ses épigones », La Revue des lettres modernes, n° 260-263 (1971), pp. 260-263.

PETIT, Jacques. « Le stupide XIXe siècle », La Revue des lettres modernes, n° 260-263 (1971), pp. 132-134.

POLET, Jean-Claude, dir. Les Lettres Romanes, Tome XLIII, n° 4, novembre 1989, numéro consacré au centenaire de la mort de Barbey d’Aurevilly, pp. 247-281.

Liens : le site du musée Barbey d’Aurévilly à Saint Sauveur le Vicomte, le site de la ville de Saint Sauveur le Vicomte,

Sources : Wikipédia, CG50, Mairie de Saint-Sauveur-le-Vicomte , L’encyclopédie de l’Agora

Partagez cet article sur votre réseau préféré ! Ces icônes sont des liens vers des sites de partage de signet sociaux où les lecteurs peuvent partager et découvrir de nouveaux liens.
  • Facebook
  • E-mail this story to a friend!
  • TwitThis
  • Google
Cet article a été publié le Mardi 20 mai 2008 à 17:12 et est classé dans Eure, Manche, NORMANDIE, Orne. Vous pouvez en suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un trackback depuis votre propre site.

Poster un commentaire

Catégories

Abonnez vous ! Recevoir les nouveaux articles

xFruits
Abonnez vous au flux RSS d'Internet Normandie, le site d'actualité de votre région.