Le projet d’un terminal charbon à Cherbourg est l’occasion de revenir sur cette filière peu connue des français en général, mais encore très présente de par le monde.
Aux vues des usage actuels, la question n’est pas tellement de pouvoir de passer du charbon, mais de créer des conditions qui font que la pollution liée à cette filière soit nettement moins importantes dans les années qui viennent.
Les 10 pays qui sont les plus gros consommateurs du monde sont par ordre décroissant :
Des pays comme les Etats-Unis, l’Allemagne ou le Danemark utilisent le charbon pour produire plus de 50 % de leur énergie électrique. En Chine, il assure 77 % de la production d’électricité et 70 % en Inde.
L’Agence internationale de l’énergie4 (AIE) prévoit même que la part du charbon va augmenter pour atteindre 39 % en 2030 représentant 3 597 Mtep (soit 21,8 % de l’offre énergétique totale).
La croissance de la consommation de charbon pose des problèmes dans le domaine de la protection de l’environnement, au niveau local (réduction des émissions de SOx, NOx, mercure…) et de façon encore plus aiguë au niveau mondial car elle a une incidence sur le changement climatique. Dans ces conditions, le développement de technologies d’utilisation du charbon moins polluantes constitue un enjeu majeur.
C’est à l’évidence sur ce point qu’il faut mettre l’accent en consacrant des budgets conséquents dans la recherche , imposer que les nouvelles centrales soient construites avec un système de captage de CO2, comme c’est déjà le cas par exemple au Danemark dans la centrale au charbon d’Esbjerg.
Penser que la filière charbon va s’arrêter d’un coup de baguette magique est totalement illusoire. Par contre, faire en sorte que cette filière devienne propre, au moins autant si ce n’est plus que les autres filières “fossiles” est parfaitement envisageable techniquement dans des délais très courts.
Quand à savoir s’il faut stocker ou non du charbon sur le port Cherbourg, c’et un débat localement très intéressant, mais dont l’issue n’aura à l’évidence aucune conséquence sur cette filière.
Cet article a été publié le Vendredi 13 novembre 2009 à 14:37 et est classé dans Manche. Vous pouvez en suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un trackback depuis votre propre site.
Business as usual :
Malgré un regain de dernière heure le lobby du charbon doit reconnaître que ses campagnes « antiwarming »ont fait long feu. Qu’à cela ne tienne, il opère une conversion à 180°. Derrière l’urgence climatique qu’il proclame désormais, se cache en fait l’urgence de s’emparer de l’aubaine financière que constitue la CCS, remède miracle. Pour faire plébisciter cette technologie dont les tares ont pu être décrites par la formule « trop risquée, trop chère, trop peu , trop tard », une nouvelle campagne de désinformation est engagée. La dissimulation des risques majeurs de fuites hors des aquifères profonds est systématique. Les spécialistes du lobbying ont beau jeu d’abuser de décideurs qui multiplient publiquement les preuves des consternantes lacunes de leur culture technoscientifique. Ainsi sont différées les mesures urgentes d’économies énergétiques et confisquées les ressources qui devraient s’investir dans les véritables énergies propres. Compte-tenu de la progression cataclysmique du dérèglement climatique au cours des dix dernières années et de son accélération prévisible lors des dix prochaines du fait des rétroactions « positives » que constituent la réduction de l’albédo des pôles et la libération de méthane due à la fonte du permafrost, c’est se moquer que de promouvoir des « usines à gaz » prétendues opérationnelles à l’échéance 2020-2025. Comment pouvez-vous écrire: “faire en sorte que cette filière devienne propre, au moins autant si ce n’est plus que les autres filières “fossiles” est parfaitement envisageable techniquement dans des délais très courts”? alors qu’il suffit de se pencher quelque peu sur la question pour constater que ceci est faux !
Escaravage,
Je reviens sur votre analyse.
Le charbon est polluant, c’est un fait acquit,mais le charbon est encore fortement utilisé, la aussi c’est indéniable.
la question est : que peut on faire concrètement ?