Pénurie de beurre en Normandie !

Une pénurie de beurre en Normandie. Ça ressemblerai à une blague si les rayons beurre n’étaient pas aussi vides. Un comble en Normandie ! Que se passe-t-il ? 

Une production laitière en baisse régulière depuis plusieurs années, couplée à une forte augmentation de la demande mondiale en particulier aux Etats-Unis et en Chine, voilà ce qui semble-t-il fait que le beurre se fait plus rare et plus cher dans les points de vente de l’hexagone. 

manger-du-beurreUn rappel des chiffres : 

En France : 

  • La consommation de beurre en France est forte et stable, avec 8,3 kg consommés par an et par habitant, légèrement devant la Nouvelle-Zélande (8,1). A l’opposé, l’Espagne le Japon et le Brésil, consomment moins d’un kg/habitant. 
  • La production hexagonale de beurre reste stable,  364 857 tonnes en  2014, 367 817 en 2015. 
  • Le nombre de vaches laitières est passé de 4 324 000 en 2000 à 3 657 500 en 2015 ( -15%);  en Normandie, de 705 500 à 576 800 (-18%). 
  • Dans le même temps, le nombre d’exploitations livrant du lait de vache a été quasiment divisé par deux, passant de 120 406 en 2000 à 61 733 en 2015 ( – 49%)  en Normandie, de 17 313 à 8 731 ( -50%). 

La Normandie : 

  • La Normandie reste la première région productrice de beurre,
  • Près d’un tiers de la production nationale de beurre est normande, soit 118 900 tonnes.  
  • Le taux protéique y est également le plus élevé (33,6 g/litre en 2016).  
  • La Crème fraîche d’Isigny fut la première crème à bénéficier dès 1986, de l’Appellation d’Origine Contrôlée. A présent AOP, elle provient uniquement de vaches pâturants dans un périmètre défini de 192 communes, essentiellement dans la Manche et le Calvados. Elle est garantie sans additif ni colorant.

Les raisons d’une pénurie de beurre : 

Il faut remonter à 2015 pour trouver une des causes de la pénurie actuelle de beurre. En Europe, la fin des quota laitiers (mai 2015) entraine une forte augmentation de la production avec pour conséquences une baisse du prix du lait puis une baisse du cheptel, les producteurs n’y retrouvant plus leurs comptes. 

saisonnalite-production-laitDans le même temps, de l’autre coté de l’Atlantique, on redécouvre les vertus du beurre ( voir couverture du Time). A l’automne 2015 McDonald’s abandonne la margarine au profit du beurre dans ses méthodes de cuisine. Les Etats-Unis ont accru de 19 % leurs importations en 2016.  

 En 2016, avec 162.000 tonnes de beurre européen exportées, les ventes à l’étranger n’ont jamais été aussi élevées depuis 2010. Eurostat pointe une hausse de 11 % en 2016 vers les Etats-Unis, de 34 % vers l’Arabie saoudite, de 72 % vers le Maroc, de 64 % vers le Japon, de 109 % vers l’Iran et… de 173 % vers le Canada. La Chine, à elle seule, a augmenté ses commandes de 23 %, dont la moitié environ provient de France.

Le volume de lait collecté et la production de beurre varient selon les saisons (voir graphique). Le printemps, saison la plus favorable pour le lait devrait permettre un meilleur approvisionnement, mais surement avec des prix plus élevés, la demande mondiale n’ayant aucune raison de baisser. 

Doit-on produire plus de beurre ?  Pas facile de répondre car si la matière grasse qui sert à faire le beurre (ou la crème) se vend bien, le lait écrémé lui, a du mal à trouver preneur, même quand il est transformé en poudre. L’Europe a stocké 350 000 tonnes de lait écrémé et peine à trouver des débouchés. 

La revalorisation du prix du lait, de préférence celui dont le taux protéique est élevé, serait une bonne nouvelle pour les producteurs normands, champion national du taux protéique, mais aussi pour le consommateur qui verrai ainsi le prix du beurre baisser.

Source : l’économie laitière en chiffres  (PDF)

 

 

 

 

 

Répondre