La nouvelle est tombée comme un couperet dans la région normande ce mardi 30 septembre 2025 : la fermeture prochaine de l’usine Cibem à Saint-Pierre-en-Auge, spécialisée dans la fabrication d’emballages en bois pour le secteur fromager, met en péril 104 emplois. Filiale depuis 2011 du groupe Snec appartenant à Lactalis, la société, reconnue pour ses boîtes en bois destinées notamment aux célèbres camemberts normands, va cesser toute activité industrielle. Ce dénouement intervient après plusieurs années de difficultés économiques, en dépit d’investissements importants destinés à préserver le site.
L’annonce provoque une onde de choc dans le bassin d’emploi local, où l’usine est une institution depuis plus d’un siècle. Au-delà de la filière bois et emballage, cette fermeture pourrait affecter un écosystème de sous-traitants et partenaires régionaux. Alors que les élus locaux appellent à une mobilisation pour accompagner les salariés, le destin de Cibem éclaire d’un jour amer les défis du secteur industriel en Normandie.
Histoire et importance de Cibem dans l’industrie de l’emballage en bois
Fondée en 1885, la Compagnie Industrielle des Bois et Emballages, connue sous le nom de Cibem, s’est imposée comme un acteur majeur dans la fabrication d’emballages en bois adaptés à la conservation et au transport des fromages de renom normands, tels que le camembert, le Brie et le Pont-l’Évêque. Longtemps indépendante, l’entreprise a été rachetée en 2011 par Snec, filiale du groupe laitier Lactalis, qui a injecté environ 25 millions d’euros pour moderniser les installations et tenter de relancer la production.
Implantée à Saint-Pierre-en-Auge, dans le Calvados, l’usine est devenue un symbole local, réunissant des métiers liés au travail du bois, à la vannerie, et à la fabrication d’emballages soigneusement conçus à base de bois agrafé, collé ou en contreplaqué. Ce savoir-faire spécifique répondait aux exigences rigoureuses du secteur agroalimentaire, assurant que les emballages protègent tout en respectant l’environnement naturel du produit.
Un savoir-faire traditionnel intégré à une chaîne industrielle moderne
Cibem ne se contentait pas de perpétuer une tradition artisanale : la société avait su intégrer les techniques contemporaines de production pour rester compétitive dans une industrie en constante évolution. Boîtes agrafées ou collées, barquettes de présentation, supports de publicité sur le lieu de vente (PLV), tout était produit en interne. Ce positionnement lui assurait une place incontournable dans la chaîne logistique du groupe Lactalis, notamment via sa filiale Snec.
Le site est une vitrine parfaite d’un équilibre entre tradition et innovation industrielle, où la qualité de l’emballage est elle-même un gage de la qualité perçue du produit final. Le rôle de Cibem dans la protection de la renommée des fromages normands ne peut donc être sous-estimé, témoignant de la richesse de la filière bois en Normandie.
- Fabrication de boîtes à fromages en bois agrafées ou collées
- Production de barquettes et supports publicitaires en bois
- Utilisation de techniques modernes au sein d’un savoir-faire traditionnel
- Collaboration étroite avec Lactalis et ses filiales comme Snec
- Un site stratégique pour la logistique locale et régionale de l’emballage
| Année | Événement clé | Investissements et conséquences |
|---|---|---|
| 1885 | Création de Cibem | Développement d’un savoir-faire traditionnel en emballage bois |
| 2011 | Rachat par Snec (Lactalis) | Investissement de 25 M€ pour modernisation |
| 2025 | Annonce de fermeture | 104 postes menacés, fin des activités |

Les raisons économiques derrière la fermeture de l’usine Cibem
La direction du groupe Snec a justifié la fermeture de Cibem par une situation économique jugée insoutenable et persistante. Malgré les efforts répétés pour redresser l’activité depuis le rachat en 2011, la société n’a jamais réussi à retrouver une rentabilité suffisante. Le secteur de l’emballage en bois, pourtant traditionnellement apprécié pour sa qualité écologique et son adéquation avec les produits laitiers, est soumis à une concurrence accrue et à des évolutions de marché drastiques.
Parmi les facteurs économiques qui ont pesé lourd :
- Un marché de l’emballage en bois saturé : La multiplication des fabricants, combinée à la montée en puissance d’emballages alternatifs en carton ou plastique allégé, a réduit la part de marché de Cibem.
- Les coûts de production élevés : La matière première bois subit des fluctuations, et le maintien dans une usine spécialisée à taille régionale limite les économies d’échelle.
- La pression sur les prix imposée par les grands donneurs d’ordre : Lactalis, tout en gardant la filiale sous son contrôle, optimise ses coûts logistiques et privilégie d’autres modes d’emballage parfois moins coûteux.
- Les contraintes environnementales et règlementaires : Même si le bois est un matériau renouvelable, la législation sur la protection des forêts et les normes sanitaires poussent à des investissements supplémentaires non toujours rentables.
Impacts sur le tissu industriel local et les réseaux partenaires
La fermeture de Cibem ne concerne pas uniquement les 104 salariés directement affectés. La chaîne logistique régionale, qui comprend des sociétés comme Palletways, Bois Concept, ou encore Palettes Lemoine, sera également impactée. Ces acteurs, spécialisés dans la fabrication de palettes ou la logistique bois, dépendent en partie de la demande générée par Cibem.
L’annulation des commandes d’emballages va provoquer une contraction dans ce secteur à plusieurs niveaux :
- Diminution de la demande pour les matériaux bois locaux.
- Réduction des prestations de services transport et logistique pour des entreprises comme FrancePal et Bois & Logistique.
- Pression accrue sur les sous-traitants tels que Palox France et Embawood et perte de contrats.
En outre, cela soulève la question de la reconversion industrielle dans un territoire peu favorable aux industries lourdes.
| Facteur | Conséquence économique | Acteurs concernés |
|---|---|---|
| Concurrence accrue | Perte de parts de marché | Cibem, Snec, Lactalis |
| Coûts croissants du bois | Hausse des prix de production | Fabricants d’emballages bois |
| Pression sur prix | Marges réduites | Snec, filiales d’emballage |
| Règlementations environnementales | Investissements supplémentaires | Industrie bois locale |
Conséquences sociales et réactions locales face à la fermeture de Cibem
L’annonce de la fermeture de l’usine Cibem est perçue comme un véritable choc pour la municipalité de Saint-Pierre-en-Auge et les collectivités voisines. Ce site industriel est un pilier du tissu économique et social depuis des générations. La sécurisation de l’emploi des 104 salariés est devenue une priorité pour les élus locaux, qui cherchent à limiter les répercussions.
François Aubey, président de l’Intercommunalité Lisieux Normandie, a exprimé publiquement son inquiétude tout en affichant une solidarité immédiate vis-à-vis des travailleurs impactés. Sur sa page Facebook, il a rappelé le poids de Cibem dans la région, tant en termes d’emplois que de symbolique. De son côté, le député Jérémie Patrier-Leitus a annoncé vouloir travailler en concertation avec les syndicats et la municipalité pour promouvoir un dialogue social et envisager des solutions alternatives, notamment par le biais du reclassement et d’une proposition de CDI dans le calvados.
Mobilisation et soutien aux salariés
Plusieurs mesures d’accompagnement sont à l’étude afin d’adoucir l’impact de cette fermeture :
- Mise en place d’un plan de reclassement interne au groupe Lactalis et ses filiales pour les ouvriers et techniciens.
- Organisation de formations qualifiantes afin de faciliter la reconversion professionnelle vers les secteurs porteurs locaux.
- Accompagnement psychologique et social offert aux familles des salariés en difficulté.
- Soutien des collectivités territoriales à travers des aides financières ou fiscales visant à stimuler la création d’emplois alternatifs.
- Déploiement d’une cellule de crise pour coordonner les actions entre élus, syndicats et entreprises.
La gestion de ce conflit industriel repose également sur la capacité des acteurs normands à développer de nouveaux leviers économiques, en particulier dans la transition écologique et dans les filières bois durables. Le maintien d’un tissu industriel résilient dépendra notamment des infrastructures logistiques régionales, où intérviennent des fournisseurs comme Palox France et Embawood.
| Type d’aide | Description | Bénéficiaires |
|---|---|---|
| Reclassement interne | Proposition de CDI dans le Calvados chez Lactalis | Salariés Cibem |
| Formations | Capacitations professionnelles vers d’autres secteurs | Travailleurs impactés |
| Accompagnement social | Soutien psychologique et familial | Salariés et familles |
| Aides territoriales | Soutien financier et création d’emplois | Communauté locale |

Perspectives pour l’avenir de l’emballage en bois en Normandie après la fermeture de Cibem
Si la fermeture de Cibem plante un climat d’incertitude pour l’emballage bois en Normandie, le secteur ne disparaît pas pour autant. Plusieurs acteurs locaux et nationaux restent engagés dans des solutions innovantes favorisant la durabilité tout en cherchant à revitaliser l’industrie.
Des entreprises telles que Bois Concept, FrancePal et Palettes Lemoine continuent de se positionner sur le marché des emballages et palettes bois, en s’appuyant sur la valorisation des ressources renouvelables et sur des certifications environnementales. Ces sociétés investissent notamment dans l’économie circulaire et cherchent à limiter l’impact écologique de leur production. Ce contexte encourage aussi une réévaluation stratégique du territoire pour attirer des filières en lien avec la transition verte, qui pourrait intégrer à terme des activités complémentaires au secteur de l’emballage traditionnel.
Innovations et adaptations au marché
La crise de Cibem met en lumière la nécessité pour les industriels d’adapter leurs offres :
- Développement d’emballages bois hybrides combinant robustesse et légèreté.
- Intégration de matériaux recyclés et biodégradables dans la fabrication.
- Renforcement des partenariats logistiques, par exemple avec Palletways, pour optimiser les chaînes de distribution.
- Mise en œuvre de technologies de traçabilité pour assurer la transparence de la provenance des bois.
| Entreprise | Orientation stratégique | Points forts |
|---|---|---|
| Bois Concept | Économie circulaire, emballages écoconçus | Innovation, certifications environnementales |
| FrancePal | Logistique bois optimisée | Réseau de distribution et transport écologique |
| Palettes Lemoine | Fabrication de palettes durables | Durabilité, qualité |
| Embawood | Emballages en bois sur mesure | Personnalisation, durabilité |
La transition écologique au cœur du futur de la filière emballage bois en Normandie
La fermeture de Cibem pose un challenge mais aussi un point de départ pour repenser la filière emballage bois dans un cadre conforme aux enjeux environnementaux du XXIe siècle. La Normandie, actrice majeure dans le domaine du bois, doit poursuivre ses efforts pour allier compétitivité industrielle et respect des écosystèmes.
Plusieurs initiatives intègrent aujourd’hui cette perspective :
- Favoriser la gestion durable des forêts pour garantir une ressource renouvelable.
- Encourager les partenariats entre industriels et acteurs locaux pour améliorer la chaîne d’approvisionnement.
- Investir dans la R&D pour de nouveaux matériaux composites bois et alternatives écologiques.
- Appuyer les réseaux logistiques comme Bois & Logistique et Palox France pour dynamiser la distribution verte des emballages.
- Promouvoir les labels écologiques pour valoriser les produits fabriqués en Normandie.
| Initiative | Description | Impact attendu |
|---|---|---|
| Gestion durable forestière | Certification et exploitation raisonnée | Ressource pérenne et renouvelable |
| Recherche et développement | Développement de matériaux écologiques innovants | Réduction des impacts environnementaux |
| Partenariats logistiques verts | Optimisation des transports et distribution | Réduction de l’empreinte carbone |
Ces leviers, s’ils sont bien maîtrisés, permettront à l’industrie de l’emballage bois en Normandie de se redéfinir et de se positionner sur le long terme comme un modèle de développement durable. Il reste cependant crucial que les collectivités, industriels et acteurs économiques s’engagent collectivement dans cette voie.
Quelles furent les principales raisons de la fermeture de l’usine Cibem ?
La fermeture résulte d’une situation économique défavorable persistante, aggravée par la pression concurrentielle, les coûts élevés du bois et les exigences règlementaires.
Quel impact cette fermeture a-t-elle sur l’emploi local ?
104 postes sont menacés, ce qui représente une perte d’emplois significative pour la région, avec des répercussions sur les familles et les sous-traitants.
Quelles solutions sont envisagées pour accompagner les salariés ?
Des mesures de reclassement, de formation, d’accompagnement social et des aides territoriales sont prévues pour soutenir les travailleurs et leur famille.
Comment la filière emballage bois normande peut-elle rebondir après cette fermeture ?
Elle doit se réorienter vers des emballages écologiques innovants, renforcer ses réseaux logistiques, et miser sur la gestion durable des ressources et la recherche.
Quels partenaires locaux sont concernés par cette fermeture ?
Des entreprises comme Palletways, Bois Concept, Palettes Lemoine, Bois & Logistique, Palox France et Embawood seront affectées via la réduction des commandes et activités.